Récemment, plusieurs articles de presse ont évoqué des étudiants de grandes écoles qui renonçaient à travailler pour certains employeurs voire bifurquaient, renonçant aux métiers et emplois pour lesquels ils ont été formés. Exemple emblématique, la remise des diplômes à AgroParisTech en 2022 est perturbée par le discours de jeunes ingénieurs appelant à « déserter », dénonçant une formation qui pousse à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours. Cette intervention s’inscrit dans la lignée d’autres actions collectives dont le « manifeste étudiant pour un réveil écologique » (2018), qui réunit plus de 30 000 signataires issus d’établissements particulièrement sélectifs de l’enseignement supérieur ainsi que des filières moins prestigieuses.
Dans le même temps, plusieurs études récentes révèlent que dans les faits, même si chaque génération porte, aux mêmes âges, de plus grandes préoccupations environnementales que les précédentes, le niveau de rémunération reste le critère principal dans le choix d’un emploi (Credoc, 2022), et parmi les diplômés des écoles les plus prestigieuses, la volonté de sélectionner écologiquement son employeur se confronte souvent à des modes de valorisation du travail en contradiction avec une approche éthique du travail (Delozière et al., 2021).
Afin d’analyser la manière dont les enjeux écologiques influent sur le rapport au travail des jeunes, nous proposons de nous intéresser à des étudiantes et étudiants inscrits dans des formations du supérieur affichant des problématiques environnementales. L’objectif est d’éclairer les profils de ces jeunes, de comprendre quelle place tiennent les préoccupations écologiques dans leur choix de formation, leurs aspirations professionnelles, en lien ou non avec leurs modes de vie ou un engagement militant.
Équipe
Équipe Céreq
Politiques publiques, action politique, territoires (Pacte)
Isabelle BORRAS, Nathalie BOSSE
Également
CERTOP
Marianne BLANCHARD
LARAC
Margot DEAGE
2025 > 2026
Ce qui sera fait
En s'appuyant sur les résultats du questionnaire et sur l'analyse des entretiens réalisés en 2025 auprès de jeunes inscrits en formation initiale, un premier texte a été rédigé (chapitre Céreq Essentiels) : "Etudiant·es en masters environnementaux : une bifurcation douce ?"
Les 15 interviewé·es inscrit·es en formation initiale ont été recontacté·es en février 2026. Des entretiens ont pu être réalisés auprès de 12 d'entre elles et eux, entre mars et mai 2026. Une grille d'entretien a été réalisée en amont pour recueillir des informations sur leur parcours depuis la sortie de l'école.
Les entretiens ont été analysés et les résultats de l'ensemble de l'étude seront valorisés dans le cadre du GTES, à travers la publication d'un texte dans la collection Céreq Échanges.
2024 > 2025
Ce qui a été fait
Le terrain a été défini : des formations en environnement (bac+5) dispensées dans deux IEP et deux écoles d’ingénieurs, situés dans deux métropoles. Un court questionnaire exploratoire a été transmis à ces 4 promotions fin 2024, avec notamment comme objectif de recueillir les coordonnées des étudiants acceptant d'être interviewés. En parallèle, la grille d'entretien a été élaborée.
Au final, le questionnaire a recueilli 85 réponses et 21 entretiens semi-directifs ont ensuite été réalisés entre janvier et avril 2025.
Les entretiens concernant les jeunes inscrits en formation initiale (15) ont été analysés et un premier texte a été rédigé dans l'optique d'une publication dans un Céreq Essentiels.
Afficher l'historique du projet
2023 > 2024
Une revue de la littérature sur le sujet a été réalisée afin de préciser la problématique et la méthodologie.
Valorisations
Céreq Echanges (décembre 2026, publication dans le cadre du GTES)