Dans cette étude, nous nous focalisons sur les formations des secteurs du soin et du social préparant à un diplôme d’État. Ces formations ont la spécificité d'ouvrir l'accès à des marchés professionnels réglementés, marchés qui d'une part garantissent d'excellentes conditions d'insertion et d'autre part sont censés neutraliser les inégalités - tant dans l'accès à l'emploi que la reconnaissance octroyée - entre jeunes possédant le diplôme d'État, en particulier les inégalités de genre.
Ces diplômes d'État et les formations qui y conduisent ont, par ailleurs, été l'objet de multiples réformes depuis 30 ans, conduisant à modifier pour certaines le niveau de reconnaissance des titres produits (par exemple passage au grade de licence en 2009 du diplôme d'État d'infirmier) et /ou les conditions d'accès aux formations (par exemple en intégrant le recrutement en maïeutique au cycle de la PACES) et donc potentiellement les profils des publics accueillis.
À partir des données accumulées sur les 7 cohortes successives interrogées dans le cadre du dispositif Génération (Générations 1998, 2001, 2004, 2007, 2010, 2013 et 2017), et grâce aux nombreuses extensions financées par la Drees, cette étude se propose de développer deux axes de questionnements :
- Les différentes réformes ont-elles affecté les conditions d'insertion des diplômé·es de ces formations ?
- existe-t-il des différences entre hommes et femmes engagé·es dans ces formations (profil de recrutement, insertion) ?
Équipe
Équipe Céreq
Département Entrées et Evolutions dans la Vie Active (DEEVA)
Thomas COUPPIE
Bureau d'Economie Théorique et Appliquée (BETA)
Magali JAOUL-GRAMMARE
Également
CLERSE
Alice OLIVIER
2025 > 2026
Ce qui sera fait
Le travail a porté sur l'effet de la réforme de 2001 affectant la formation des sages-femmes et la reconnaissance de leur diplôme à Bac+5. Les résultats alimentent la publication prévue dans le cadre du cycle 2024-2026 du GTES dont la thématique est "le niveau Master".
Une analyse en double-différence compare les sages-femmes à deux groupes contrefactuels (diplômé·es de Bac+2 à +4 de la santé et du social dont la formation n'a pas connu de réforme majeure pour les cohortes diplômées entre 1998 et 2017 ; diplômé·es des professions médicales supérieures). Les résultats montrent que si les sages-femmes conservent un accès très élevé à l’emploi, les cohortes diplômées après la réforme bénéficient d’une progression relative de leur rémunération par rapport aux professions comparables du champ santé-social, tout en restant en retrait par rapport aux professions médicales supérieures. Les débuts de carrière se caractérisent également par une diversification des formes d’emploi : progression des CDD et émergence de l’exercice indépendant. L’analyse souligne enfin que ces évolutions tiennent à la fois aux transformations institutionnelles du diplôme et à la modification du profil des étudiant·es recruté·es après la réforme.
2024 > 2025
Ce qui a été fait
L'année écoulée a permis d'une part de construire une base harmonisée de données empilant les données des 7 cohortes (enquêtes à trois ans) pour les jeunes formés aux diplômes d'État de la santé et du social.
Concernant la question de recherche, une recension des réformes ayant affecté les différents diplômes d'État a été menée, afin d'identifier quels diplômes ont connu une réforme pouvant modifier la reconnaissance ou le positionnement de la formation dans la carte des diplômes et donc influencer potentiellement les conditions d'insertion vécues, et à quels moments (quelles cohortes avant / après la réforme).