Perçu comme l'une des réponses au problème du chômage des jeunes, l’entrepreneuriat suscite un réel intérêt de la part des acteurs politiques en France. En témoignent les nombreuses actions mises en œuvre depuis plusieurs années pour encourager davantage l’initiative entrepreneuriale des jeunes. Parmi celles-ci figure, par exemple, la création en 2014 du dispositif PEPITE (Pôles Étudiants pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat), dont l’objectif est de développer la culture entrepreneuriale et l'innovation chez les jeunes de l’enseignement supérieur, notamment à travers des actions de sensibilisation et de formation. À cela s’ajoutent d’autres mesures visant à faciliter le démarrage de l’activité des travailleurs indépendants, à améliorer leur protection sociale ou encore à permettre le cumul d’activités. 

Dans ce contexte, la présente recherche s’interroge sur la place qu’occupe effectivement ce statut d’emploi dans le parcours des jeunes, une fois sortis du système éducatif. L’ambition ici n’est pas d’évaluer l’impact d’un dispositif particulier dédié à l’entrepreneuriat (voir par exemple Elert et al., 2015 ; Premand et al., 2016), mais de dresser un panorama global de la place occupée par ce statut dans l’emploi des jeunes, qu’il s’agisse de leur activité principale ou de leur activité secondaire.

Équipe

Équipe Céreq

Département Entrées et Evolutions dans la Vie Active (DEEVA)
Alexie ROBERT, Arthur Félix SAWADOGO

2025 > 2026
Ce qui sera fait

Les résultats des analyses montrent que ce statut d’emploi demeure très minoritaire dans l’activité principale des jeunes, bien qu’il connaisse une progression tout au long de leurs six premières années de vie active. Il concerne des publics spécifiques, notamment les hommes ainsi que les jeunes issus de milieux sociaux favorisés ou de familles d’indépendants.

Si l’entrepreneuriat occupe une place minoritaire dans l’activité principale, il tient en revanche une place beaucoup plus importante dans l’activité secondaire. Parmi les sortants de la Génération cumulant un ou plusieurs activités en parallèle, les entrepreneurs hybrides constituent une population aux caractéristiques spécifiques, pour laquelle l’articulation entre activité indépendante et emploi salarié semble davantage relever d’une opportunité que d’une nécessité. Toutefois, bon nombre d’entre eux abandonnent par la suite le statut d’indépendant pour se consacrer exclusivement au salariat. Ces mobilités interrogent et mériteraient d’être approfondies dans une étude ultérieure afin de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ces parcours.

2024 > 2025
Ce qui a été fait

Les résultats préliminaires montrent que l’entrée des jeunes dans l’emploi indépendant tend à progresser légèrement au fil des années passées sur le marché du travail. Elle concerne de manière différenciée certains profils : les hommes, les jeunes issus de milieux sociaux favorisés, les enfants de parents entrepreneurs, ainsi que ceux formés dans les domaines de la santé ou des filières scientifiques.