Sortir de l’emploi stable est une tendance en nette augmentation chez les jeunes de la Génération 2017 enquêtés en 2023, en comparaison de leurs homologues de 2 générations précédentes (G2004 et G2010). Cette tendance s’inscrit dans un contexte double, marqué à la fois par les retombées économiques de la crise sanitaire et par l’émergence dans le débat public d’une hypothèse d’évolution du rapport au travail. Cette étude porte plus précisément sur les jeunes qui avaient accédé au CDI en mars 2020 et qui en sont sortis lors de l’enquête en 2023. Il s’agit souvent de jeunes peu diplômés, employés en mars 2020, qui ont traversé le premier confinement dans un secteur d’activités bouleversé par la crise sanitaire. Presque la moitié de ces jeunes ont entamé une réorientation professionnelle entre 2020 et 2023. Plus de 40% d’entre eux sont devenus NEET en 2023.

Équipe

Équipe Céreq

Département Entrées et Evolutions dans la Vie Active (DEEVA)
Fanette MERLIN

2025 > 2026
Ce qui sera fait

Les constats des premiers travaux sur les six premières années qui suivent la sortie de formation initiale des jeunes de la Génération 2017 confirment que le CDI est de moins en moins un gage automatique de stabilité : entre 2020 et 2023, de nombreux jeunes quittent un CDI après y avoir accédé au cours de leurs trois premières années de vie active, ruptures devenues plus fréquentes que celles observées dans les Générations précédentes. Le secteur d’activité joue un rôle clé dans l'analyse de cette tendance : certains offrent des parcours de stabilisation malgré des interruptions de CDI, quand d’autres exposent davantage à des ruptures subies et des sorties durables du marché du travail. Entre stabilité et précarité se dessine une carte sectorielle des débuts de carrière.

2024 > 2025
Ce qui a été fait

De premières explorations ont permis de définir le questionnement, la population d'intérêt et les pistes privilégiées. L'étude porte précisément sur les jeunes qui avaient accédé au CDI en mars 2020 et qui en sont sortis lors de l’enquête en 2023. On cherche à comprendre quelles sont leurs spécificités, en termes de caractéristiques individuelles, mais aussi de trajectoire d'entrée sur le marché du travail. On s'intéresse en particulier au secteur d'activités de l'emploi stable occupé en mars 2020 afin d'identifier depuis quels et vers quels secteurs les mobilités s'opèrent. Il s'agit de saisir l'hétérogénéité de ces mobilités de sortie de l'emploi stable afin de comprendre lesquelles ont un caractère choisi et si elles débouchent sur une situation plus ou moins favorable qu'avant 2020.

Des premiers résultats ont été établis.

  • Parmi les jeunes de la Génération 2017 qui avaient accédé au CDI en mars 2020, 23% ne sont plus en CDI (ni ne sont devenus fonctionnaires) en 2023. Cette sortie de l'emploi stable s'élevait à 16% pour les Générations 2004 et 2010.
  • Ces "sortis de CDI" sont souvent des jeunes peu diplômés, employés en mars 2020, qui ont traversé le premier confinement dans un secteur d’activités bouleversé par la crise sanitaire (hébergement-restauration, arts et spectacles, commerce).
  • Presque la moitié (47 %) de ces jeunes ont entamé une réorientation professionnelle entre 2020 et 2023, contre 24 ? l'ensemble de la Génération. 
  • 42 % d’entre eux sont devenus NEET en 2023.

Publications

  • Merlin, Fanette. Ruptures choisies, ruptures subies : le CDI à l’épreuve des secteurs en début de carrière. 4 p in Céreq Bref n° 482
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