Les travaux portant sur la relation formation-emploi ont montré à maintes reprises que plus un niveau de diplôme s’élève, plus celui-ci accroît la probabilité d’une insertion et de trajectoires professionnelles favorables. Mais d’autres travaux constatent que l’élévation du niveau de diplômation observé depuis quelques décennies est plus rapide que la transformation de la structure des emplois. Les emplois les plus qualifiés tendent donc à être moins nombreux que les individus qui peuvent prétendre à les occuper. En parallèle, il est aussi reconnu que les inégalités observées sur le marché du travail se font au détriment des femmes. Partant du constat qu’un haut niveau de diplôme n’est plus susceptible de garantir le niveau d’emploi attendu en sortie de l’enseignement supérieur et que les femmes sont plus exposées à des conditions d’emploi moins favorables que leurs homologues masculins, les femmes sont-elles confrontées à un phénomène spécifique de déclassement ?

Pour mieux comprendre la spécificité du phénomène de déclassement des femmes, nous avons formulé 2 questions de recherche : la première consistera à observer la dynamique du déclassement dans les 6 premières années de vie active : existe-t-il des différences entre les hommes et les femmes ? La deuxième nous conduira à rechercher les facteurs qui peuvent expliquer les différences observées dans les évolutions du déclassement pour chacun des deux genres.

Équipe

Équipe Céreq

Département Entrées et Evolutions dans la Vie Active (DEEVA)
Flavie LE BAYON, Elsa PERSONNAZ, Arthur Félix SAWADOGO

2025 > 2026
Ce qui sera fait

Pour appréhender le déclassement, l’indicateur statistique du déclassement a été privilégié. Concrètement, il s’agissait de repérer, de manière empirique, les personnes en emploi dans des professions qui recrutent habituellement à un niveau de formation inférieur au leur. Par exemple, si la majorité des individus qui occupent un emploi dans la même PCS qu’ego ont un niveau de diplôme égal ou supérieur à ego, alors ego ne connait pas de déclassement. L’indicateur est calculé à partir de la PCS et de la nomenclature des diplômes du Céreq.

Une fois les indicateurs construits pour 2020 et 2023, les facteurs déterminant le déclassement sur ces deux périodes sont étudiés. Au regard de la nature ordonnée des variables endogènes, prenant les valeurs discrètes ordonnées allant de 0 à 3, à mesure de l’intensité du déclassement, nous utilisons des modèles logit ordonné, pour corriger en amont, d’éventuels biais de sélection dans l’accès à l’emploi, par la méthode de sélection d’Heckman.

2024 > 2025
Ce qui a été fait

La problématisation de l'étude ainsi que les toutes premières explorations des données ont été réalisées en juin.

Publications

  • Le Bayon, Flavie ; Personnaz, Elsa ; Sawadogo, Arthur Félix W.. 31 - le déclassement des diplômés du supérieur. Paris : Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, 2026.
    Lien vers la publication

Autres valorisations

Une publication dans le Céreq échanges issus des travaux du groupe d'exploitation de G17-6.