Les impératifs politiques de lutte contre le dérèglement climatique et de préservation de la biodiversité impliquent une transformation profonde des structures économiques. Depuis une dizaine d’années, les travaux du Céreq ont souligné l’importance de l’écologisation de la formation et de l’emploi dans cette transition environnementale. Plusieurs études récentes ont exploré les liens entre formation et emploi dans le domaine environnemental (Margontier, 2019 ; Margontier & Kraszweski, 2022 ; Mazari & Moncel, 2022).
Pourtant, les données montrent qu’en dépit de spécialisations environnementales, peu de jeunes accèdent aux métiers dits « verts ». Paradoxalement, une majorité de jeunes qui occupent un métier vert ne sont pas issus de formations environnementales.
Les métiers verts restent donc marginaux, même dans les parcours des jeunes formés à ces enjeux. Faut-il y voir un réel décalage entre formation et emploi, ou une définition trop étroite des emplois verts ? Ces travaux portant sur les enquêtes de 2020 et 2023 auprès de la Génération 2017 ont pour but d’analyser les caractéristiques des emplois définis comme verts par la PCS2020, ainsi que les profils des jeunes qui les occupent, en lien avec leur formation et leur insertion professionnelle.
Équipe
Équipe Céreq
Autres
Gaëlle DABET
Département Entrées et Evolutions dans la Vie Active (DEEVA)
Valérie ILARDI
Autres partenaires
- CNAM
2025 > 2026
Ce qui sera fait
Suite aux différents résultats mis en évidence dans les premières explorations (cf. principaux résultats issus du Céreq Essentiel sur l'écologisation des emplois et des formations), ces travaux ont été prolongés dans le cadre du groupe d'exploitation de l'enquête Génération 2017 interrogée en 2023.
Les résultats issus de la prolongation des travaux précédents corroborent et prolongent les tendances observées à partir de l'enquête Génération 2017 à 3 ans. L'insertion professionnelle des jeunes sortants de formation environnementale au cours des six premières années de vie active varie fortement selon les domaines de formation, toutes choses égales par ailleurs, avec des conditions d'emploi plus avantageuses pour les spécialités liées à la maîtrise de l’énergie, aux énergies renouvelables ou à la prévention des risques. À l’inverse, les formations relevant de la protection de la nature, de la gestion des milieux ou de la gestion sociétale de l’environnement sont associées à des insertions plus difficiles.
Par ailleurs, ces résultats invitent à affiner les outils statistiques existants et à mieux prendre en compte la diversité des compétences environnementales mobilisées dans l’ensemble du marché du travail. Les formations environnementales sont majoritairement identifiées comme telles par les jeunes et conduisent souvent à des emplois en lien avec l’environnement, que ce soit par les compétences mobilisées ou par le secteur d’activité. Néanmoins, les métiers « verts » au sens strict restent peu fréquents et concernent une minorité des diplômés. Réciproquement, une part importante des emplois verts est occupée par des jeunes non issus de ces formations, ce qui souligne les limites des nomenclatures statistiques actuelles pour appréhender les liens entre formation et emploi dans ce champ.
2024 > 2025
Ce qui a été fait
Ce travail a ainsi permis de produire un chapitre dans le Céreq Essentiels sur l'écologisation des emplois et des formations (à paraître fin 2025-début 2026) et a mis en évidence que les métiers verts actuellement occupés sont, dans leur grande majorité, alimentés par des jeunes n’ayant pas suivi de formation spécifique dans le domaine environnemental. Ces derniers occupent principalement des postes d’ouvriers ou des fonctions techniques dans des secteurs d’activité bien définis, souvent marqués par une certaine précarité des conditions d’emploi et des parcours d’insertion professionnelle parfois complexes. À l’inverse, les sortant·es de formations environnementales, qui sont davantage issu·es de l’enseignement supérieur, accèdent plus fréquemment à des postes de cadres lorsqu’ils et elles exercent dans le champ des métiers verts, et bénéficient dans l’ensemble d’une insertion professionnelle plus favorable, tant en termes de statut que de conditions d’emploi.
Par ailleurs, il ressort de cette analyse que, même lorsque ces diplômé·es de formations environnementales n’occupent pas un emploi officiellement classé comme "vert", leur activité professionnelle reste néanmoins en lien avec les compétences acquises durant leur formation initiale. Ces constats mettent en lumière la complexité de la relation formation-emploi dans le champ environnemental, et révèlent la diversité des formes que peut prendre l’insertion professionnelle des jeunes formé·es à ces enjeux.
Valorisations
Working Paper, prévu fin 2026.